SOMA », un mot grec σῶμα qui signifie corps

Ce projet d’exposition examine la composition harmonieuse avec l’angoisse existentielle en lien avec l’innocence de l’enfant intérieur.   J’intègre mes récentes études et l’exploration sur la modification des textiles avec la broderie intuitive et consciente.  Cette démarche de création permet le ressenti, le « felt sense », qui est une capacité de neuroperception de détecter les signaux du mental, des émotions et des sensations qui permet d’encourager l’attachement sécure tout en travaillant le trauma intergénérationnel au féminin.

L’installation ‘Innocence‘ est une installation composée de sept pièces d’étoffes de 55 X 85 cm découpés en utilisant un patron de robe d’enfant pour être ensuite brodés et déposés sur des mannequins en forme de cages de fer. Ce projet de création a été réalisé avec une subvention obtenue en 2021 par le Conseil des arts du N. B.

Des pans de petites robes ternes sont transformés afin d’être enjolivés par le contact et la présence prolongée entre les tissus, les plantes et les métaux. Avec le fil, j’écris mon histoire sans angoisse ! La géométrie sacrée livrée par le travail de broderie incite un état d’équilibre, par une respiration profonde et calme permettant un état de tranquillité dans toutes les fibres de mon être.

La cage invisible du traumatisme protège l’innocence et parfois aussi une personnalité qui se protège. Pour se sentir aimé, un enfant doit s’adapter à un environnement dangereux ou terrifiant en évitant les conflits. S’il cherche à plaire, il se déconnecte de qui il peut être vraiment, donc, des parties de soi sont polarisées. Les fragments de tissus noirs dans les oeuvres nous donnent l’illusion d’une sécurité. 

Comment accéder à la mémoire corporelle de l’événement afin de libérer l’histoire qu’il contient?La conscience des traumatismes d’attachement soulève un problème de société. Et si c’est le moment de passer à l’autonomisation afin de retrouver notre pouvoir intérieur!

« Innocence » est présentée avec les œuvres de ma dernière exposition « SOMA », un mot grec σῶμα qui signifie corps. En biologie, c’est le corps cellulaire d’un neurone. En thérapie par les approches corporelles basées sur le mouvement, le corps est perçu de l’intérieur.  

« SOMA » comprend cinq créations d’art textiles créées pendant une période de trois ans en suivant les étapes de la guérison du traumatisme: établir la sécurité et la stabilité, se souvenir et faire le deuil pour ensuite intégrer et reconnecter. 

Nous y retrouvons des oeuvres suspendues ou sur une base qui peuvent être vues des deux côtés.

¨Manteau d’Invocation¨, une murale en toile et en lin noir suspendu du plafond jusqu’à ce que les fils tels des racines touchent la rivière, les pierres et les graines. Un mouvement d’espoir pour connecter le ciel et la terre, l’esprit et le corps… 

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Fais de bons rêves¨, trois pièces sculpturales faites de tissus travaillées en forme arrondie. La fleur de vie montée par un pied de métal sur une base de bois. 

¨Responsabilisation¨, une installation suspendue faite de plusieurs morceaux attachés ensemble montés sur un demi-cercle 

¨Être dans son corps¨; Embodiement-intelligence corporelle est une installation suspendue par un carré et un cercle pour y attacher de plusieurs petits corps crochetés avec des fils teints par les plantes. Ils sont pendus sous un contenant en fer remplie de roches trouvées à la mer.

¨Les quatre sœurs¨ ;  installation faite de courtepointes crées à partir de différents vêtements de couleurs alignées sur des arches de tiges en métal sur une base en bois dont des petits souliers de fillettes y sont déposés. Un hommage à mes grandes sœurs qui ont été importantes dans le rôle d’un attachement sécuritaire.