Je suis ici maintenant

Un voyage textile à travers la honte, l’abandon et la mémoire somatique transmise

Il y a des histoires qui ne se racontent pas avec des mots. Elles se tissent dans les fibres, se gravent dans les tissus, se transmettent de main en main, de génération en génération, souvent sans qu’aucune bouche n’ait jamais prononcé leur nom. Ce sont les histoires que nos grand-mères ont portées en silence, que nos mères ont incarnées dans leurs corps contractés, et que nous continuons de porter — parfois sans même savoir pourquoi notre poitrine se serre, pourquoi notre regard se détourne, pourquoi quelque chose en nous croit, depuis toujours, que nous ne sommes pas assez.

Je suis ici maintenant parle de cette transmission. Elle parle de la honte, de la culpabilité et de l’inquiétude qui se logent dans le corps des femmes comme une empreinte indélébile, celle qui dit : « Cache-toi, fais-toi petite, n’existe pas trop fort. » Elle parle de l’abandon, celui qui a façonné des générations entières de femmes apprenant à se replier avant même d’être rejetées. Et elle parle du deuil de ce qui n’a jamais été — des vies pas pleinement vécues, des voix non exprimées, des corps qui n’ont jamais osé prendre leur place.

Le trauma intergénérationnel ne se transmet pas seulement par les gènes. Il se transmet par les silences, par les postures, par les regards détournés. Il vit dans la façon dont une mère tient son enfant, dans les mots qu’elle ne dit pas, dans l’espace qu’elle ne s’autorise pas à occuper. Et la fille apprend. Elle apprend que son corps est un lieu de honte, que ses émotions et ses besoins sont trop grands, qu’il vaut mieux s’effacer et porter ce que les générations précédentes n’ont pas pu déposer.

Mais quelque chose change lorsque nous commençons à voir cette transmission pour ce qu’elle est. Lorsque nous posons nos mains sur le tissu de nos histoires et que nous disons : je vois d’où tu viens et je suis avec toi maintenant. Lorsque nous permettons à la honte d’être nommée, à l’abandon d’être reconnu. Lorsque nous arrêtons de nous retourner contre nous-mêmes et que nous commençons à nous demander : « Qu’est-ce qui m’a été transmis ? À qui cela appartient ? Et qu’est-ce que je choisis de garder ou de déposer à mes pieds? »

Je suis ici maintenant est une affirmation radicale, vulnérable, nécessaire. Elle dit : je ne me cache plus. Elle dit : je porte cette histoire, mais je ne suis pas que cette histoire. Elle dit : je choisis d’être présente, incarnée, visible même si toutes les femmes avant moi ont appris à se taire, plaire, disparaître.

Le textile devient alors plus qu’un médium artistique. Il devient un témoin. Chaque fibre porte une mémoire. Chaque teinture, chaque couture à la main, chaque marque sur le tissu raconte quelque chose que les mots ne peuvent pas dire. Le corps de l’œuvre, comme le corps de la femme qui la crée, devient un lieu où la honte peut enfin se déposer, où le chagrin peut circuler, où l’abandon peut être reconnu sans être perpétué.

Et dans cet espace entre les fils, entre les générations, entre ce qui a été et ce qui devient, quelque chose de nouveau émerge. Pas l’effacement de la douleur, mais sa transformation. Pas l’oubli du passé, mais la possibilité d’un présent léger et différent. Je suis ici maintenant n’efface pas l’histoire, elle l’honore, elle la regarde en face, et elle dit : tu ne me définiras plus.

C’est le travail de toute une vie. Et il commence par trois mots simples, brodés dans chaque fibre : Je suis ici.

«Macrophages»

En grec: gros mangeurs, du grec (makrós) = grand, (phageín) = manger

Broderies sur six banderoles de tissus avec fils de coton teints avec des plantes locales

Les macrophages sont des cellules appartenant aux globules blancs, qui infiltrent les tissus. Ces cellules immunitaires jouent un rôle crucial dans le contrôle du métabolisme du corps entier. Ils engloutit et digère les débris cellulaires, les substances étrangères, les microbes, les cellules cancéreuses et tout ce qui ne possède pas les types de protéines spécifiques aux cellules du corps en santé. En surface, dans pratiquement tous les tissus, ils patrouillent pour les pathogènes potentiels par le mouvement ondulatoire.

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«Élémental»

Pendant un an, j’ai fait une petite broderie à chaque semaine pour 52 semaines. Le processus d’art textile me permet de travailler dans la nature et avec 4 éléments, soit la terre, l’eau, le feu, et l’air.

Créer avec ce qui m’entoure.
Des fleurs, des feuilles et des minéraux sont enveloppés et attachés en y ajoutant des fils à broder en coton blancs pour être ensuite bouillis pour teindre ainsi les tissus et de laisser des marques. Viens ensuite l’assemblage et la broderie intuitive.

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«Osmose» et «Magie intime» Galerie Coline

“L’exposition Osmose et Magie intime est en montre à la Galerie Colline jusqu’au 29 mai.

Sur la photo : Danielle Saulnier et Serge V. Richard, co-créateurs de l’exposition Osmose et Magie intime.

Osmose et Magie intime à la Galerie Coline

L’exposition « Osmose et Magie Intime » de Danielle Saulnier et Serge V. Richard remet en perspective le visuel d’un même objet d’une façon contradictoire. Le public pourra admirer ces contradictions du 29 mars au 29 mai à la Galerie Colline du Musée historique du Madawaska.

L’osmose est un phénomène de diffusion entre deux solutions liquides de concentrations. Dans le cas de Mme Saulnier, le processus apporte l’expérimentation de l’art écologique, celle des fleurs, des feuilles et des minéraux enveloppés et bouillis afin de teindre le textile qui sera ensuite brodé de façon intuitive.

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«Osmose»

Le cercle, relie mon être à toutes les autres formes de vie” tout en me gardant en liens avec les quatre directions et les éléments: la terre, l’eau, l’air, le feu.

Je suis attirée par la géométrie dans la broderie et la courtepointe. Ces derniers étant des métiers féminins traditionnels que l’on retrouve dans toutes les cultures. Ma mère tricotait, crochetait et aimait coudre. Parfois elle défaisait ses vieux vêtements pour me faire un manteau ou une robe. À cette époque, il s’agissait d’économiser. Aujourd’hui, je découvre mon héritage en vous présentant l’exposition Osmose: utiliser de vieux vêtements ou tissus avec l’intention de prendre soin et de me retrouver dans un espace sacré en voulant protéger la nature.

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«ANIMA MUNDI»

ANIMA MUNDI par Danielle Saulnier
Galerie12 vous invite à la réception de l’exposition Anima Mundi de Danielle Saulnier.
Le Vernissage se tiendra le vendredi 1er mai entre 17h et 19h – May 1 between 5 – 7 pm. L’exposition est en salle du 1er mai au 27 mai 2015.

Galerie12 – Centre Alberdeen Moncton, 140 rue Bosford Moncton N.B.

Anima Mundi me vient intuitivement pour le titre d’une peinture avec la géométrie sacrée alors je commence la recherche, tiré du latin, l’âme du monde parle du lien entre tous les êtres vivants sur la planète Terre, qui se rapporte à notre monde de la même manière que l’âme est reliée au corps humain.

Selon Platon…ce monde est en effet un être vivant doté d’une âme et d’intelligence, une entité vivante visible unique contenant tous les autres êtres vivants, et qui par leur nature sont tous liés.
Il y a des concepts similaires également dans les systèmes de philosophie orientale de l’indouisme, dans le bouddhisme, le taoïsme et dans les pensées des philosophes hermétiques (“Esprit” / “Mind”).

Depuis les années 1960, il y a les théoriciens Gaïa, l’Éco psychologie ainsi que l’Éco art avec le recyclage, la biodiversité, permaculture, et finalement l’Eco-spiritualité qui parlent de retrouver le sacré dans la nature et développer l’attitude de référence devant toute la vie.

Exposition Solo «Foliage» du 28 fév – 29 mars 2014

Au Centre des arts de la Petite église d’Edmundston, NB. 82, chemin Canada, Edmundston, New Brunswick E3V 1V5

“Le processus de création est un rituel, qui commence par le dessin d’un cercle en indiquant les quatre directions sur la toile en faisant une croix. Les combinaisons angulaires et courbes se multiplient autour du cercle principal. Une symétrie prend alors la forme d’une fleur de vie unique et parfois à trois rayonnements: tel un hologramme du langage de la matrice et de l’univers.”