Rester dans l’inconfort sans s’y perdre.
Jour 1
Commencer par nommer ce qui se passe habituellement…
Quand quelque chose de difficile surgit en nous tel une émotion, une tension, une peur alors on fait généralement une de ces trois choses :
On fuit; on se distrait, on s’occupe, on mange, on scrolle, on change de sujet intérieur.
On plonge dedans; on est submergée, on devient l’émotion, on perd pied, on spirale.
On combat; on se juge, on se dit qu’on ne devrait pas ressentir ça, on tente de raisonner ce qu’on ressent pour le faire disparaître.
Aucune de ces trois façons ne permet vraiment de traverser ce qui est là. On tourne autour du bol, ou on se noie dans la soupe selon ma chère amie et partenaire de Focusing Mina Roustayi
Le Focusing propose quelque chose de différent…ni fuir, ni plonger, ni combattre.
Rester. Mais juste rester avec, pas rester dedans.
L’image de basse : être assise à côté tel un meilleur ami(e)
Gendlin utilisait une image simple :
Imagine que tu es assise dans un train. Par la fenêtre, tu vois un paysage difficile comme une tempête, un terrain sombre, quelque chose d’inconfortable. Tu n’as pas à sortir dans la tempête. Tu n’as pas non plus à fermer les rideaux pour ne pas voir. Tu peux rester assise, au chaud, et regarder ce paysage en sachant que tu n’es pas ce paysage.
C’est la posture du Focusing.
Il y a quelque chose en toi qui ressent l’inconfort. Et il y a toi, un espace intérieur, un peu plus grand qui peut être avec ce quelque chose, le regarder, lui parler, l’accueillir.
En Focusing, on appelle ça la présence à soi (Self-in-Presence dans le langage de Jan Winhall MSW RSW FOT.
Le felt sense : c’est le langage du corps
Avant d’expliquer comment rester dans l’inconfort, je vais introduire ce qu’on cherche à sentir.
Le corps ne parle pas en mots. Il parle en textures, en pressions, en températures, en mouvements, en images.
Quand quelque chose est difficile, il y a souvent quelque part dans le corps une sensation globale, floue, un peu compliquée de toute la situation. Pas encore un mot. Pas encore une émotion claire. Quelque chose qui est là, qui a une qualité particulière.
Gendlin appelait ça le felt sense/le sens ressenti.
Ce n’est pas :
Une émotion nommée (« je suis triste »)
Une pensée (« je pense que je devrais… »)
Une sensation physique isolée (« j’ai mal au dos »)
C’est tout ça ensemble, avant que ça se sépare, il y a une impression globale, souvent vague au début, qui porte quelque chose d’important.
Exemple;
Pense à une situation dans ta vie qui est un peu difficile en ce moment mais pas la plus douloureuse, quelque chose de moyen. Ne l’analyse pas. Pose simplement la question à ton corps : « Où est-ce que je sens ça dans le corps? Qu’est-ce que c’est comme sensation, là ? »
Peut-être une lourdeur dans la poitrine. Un nœud dans la gorge. Une sensation d’étroitesse dans les épaules. Quelque chose de flou dans le ventre.
C’est ça, le felt sense. C’est le point d’entrée. Tu veux dessiner une carte du corps; écrire et dessiner en suivant les étapes du Focusing? (Jour 2) Image d’Annette Dubreuil https://www.youtube.com/watch?v=S2k5AGPNM6E

